Elsée mon face à face
Elsée mon vis-à-vis
Elsée où je me cogne
Où je me dis aussi.

Ma rencontre avec une femme qui écrit…

 

Lettre d'Elsée à propos du spectacle

« Pourquoi les Noirs y sont pas blancs et les Blancs y sont pas noirs, et pourquoi le rouge, il est pas jaune… ? »

La petite voix fraîche se tait. Personne ne lui répond. Personne ne sait…
Les petites mains tiennent le globe comme un rien, comme si c’était facile…
Et puis,
Métamorphose !!!
Jeanne éclot de l’innocence, Juliette la suit.

- Jeanne Juliette…fini les scintillures, les jolies maladresses ! Jeanne Juliette, tu dois bien faire maintenant !
- Mais…
- Débrouille-toi !

Elle tombe du ciel dans un grenier.

Comme l’air est lourd ici ! Elle ne peut plus voler ! Enfin, elle va se débrouiller comme a dit la drôle de voix !

Elle danse…ses mains sont tout…ses mains prennent son corps, le soulèvent, le moulent, l’attirent, le portent... alors son pied devient léger.

Je regarde ces mains qui font tant et tant, et parfois immobiles... Ces mains qui crient si fort, ces mains qui peignent l’air, qui l’embarquent le caressent le giflent le tournent le lancent l’aplatissent le relèvent le tordent le lissent le tressent le détressent le coiffent le décoiffent le brossent l’empoignent lui arrachent la peau, le mettent à sang…

L’air saigne…

- Hé, Mort… ! Agit !!!

Un coup de menton à la cambrure des reins…

- Hé, Mort… ! Prends-nous puisque la vie n’a pas su nous trouver !

L’innocence a mué, la lumière s’affaisse, des ailes se déploient.
Fascination !
Un cœur bat sur sa bouche.
Faites attention !
D’une voix pleine, avec des douleurs d’entrailles, Jeanne Juliette appelle…
Le cœur embroché par le gouffre, elle danse…
Regardez ! Regardez !
Entendez !
Voyez… !

La vie sort de la pierre, elle embrasse les folies !
Ses mains de papier crient des éclairs de lumières brutales
Et des cendres dans sa voix rendent amère la couleur de sa flamme.

Pourtant, pourtant, pourtant…
Le défi est vivant !

La provoque est osée
Le courage menaçant
La vie campée…
Elle encaisse
Elle tient bon.
Obstination !

Mort qui tue, avec ma vie je te regarde !
Ma vie qui veut pousser,
Ma vie qui saura bien quoi faire,
Mais si fière d’être ce grain de vie!
Ma vie fille de la vie qui fait de moi ce que Je suis !
Ma vie qui veut comprendre aux confins des folies prenant la Terre au ventre,
Ce qu’est la vie plus haut que toutes les peurs du monde,
Ma vie qui veut des mots pour dire la vie plus loin que la déchirure des tombes !
Ma vie qui veut Comprendre !
Dire NON ! D’abord dire NON !
La vie n’est pas ce peu,
La vie n’est pas ce manque,
La vie n’est pas ce creux,
La vie n’est pas ce cri qui mange la poussière !
Résister !
Mort ! Regarde-moi bien au fond des yeux et vois que ta faiblesse, c’est ma vie !
Je suis
Je suis
Je suis ce brin de vie qui perce,
Je veux bâtir avec mon souffle, avec ma voix, avec ma chair qui danse,
Je veux bâtir avec des mots enfin domptés, une histoire sur un fil !
Une histoire qui ne tombera plus aux mains des cris aveugles !

Mon histoire !

…un jour sauvée des mots sauvages, sauvée de l’inutile, sauvée de la terreur du vide qui creuse des comas derrière la vitre des illusions clinquantes.

« Pourquoi les Noirs y sont pas blancs et les Blancs y sont pas noirs, et pourquoi le rouge il est pas jaune ? »

La vivante innocence regarde les étoiles et, la lumière bue, revient confondre l’intelligence.

VIE VIE VIE... VIE VIE VIE... VIE VIE VIE... VIE VIE VIE... VIE VIE VIE...

Aide-nous à devenir vivants… !

Dis-nous ce qu’il ne faut plus faire

avec ces mains aveugles…

 

Bien à toi,
Elsée…