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« Pourquoi les Noirs y sont pas blancs et les Blancs
y sont pas noirs, et pourquoi le rouge, il est pas jaune
? »
La petite voix fraîche se tait. Personne ne lui répond.
Personne ne sait
Les petites mains tiennent le globe comme un rien, comme si
cétait facile
Et puis,
Métamorphose !!!
Jeanne éclot de linnocence, Juliette la suit.
- Jeanne Juliette
fini les scintillures,
les jolies maladresses ! Jeanne Juliette, tu dois bien faire
maintenant !
- Mais
- Débrouille-toi !
Elle tombe du ciel dans un grenier.
Comme lair est lourd ici ! Elle ne peut plus voler
! Enfin, elle va se débrouiller comme a dit la drôle
de voix !
Elle danse
ses mains sont tout
ses mains prennent
son corps, le soulèvent, le moulent, lattirent,
le portent... alors son pied devient léger.
Je regarde ces mains qui font tant et tant, et parfois immobiles...
Ces mains qui crient si fort, ces mains qui peignent lair,
qui lembarquent le caressent le giflent le tournent
le lancent laplatissent le relèvent le tordent
le lissent le tressent le détressent le coiffent le
décoiffent le brossent lempoignent lui arrachent
la peau, le mettent à sang
Lair saigne
- Hé, Mort
! Agit !!!
Un coup de menton à la cambrure des reins
- Hé, Mort
! Prends-nous
puisque la vie na pas su nous trouver !
Linnocence a mué, la lumière
saffaisse, des ailes se déploient.
Fascination !
Un cur bat sur sa bouche.
Faites attention !
Dune voix pleine, avec des douleurs dentrailles,
Jeanne Juliette appelle
Le cur embroché par le gouffre, elle danse
Regardez ! Regardez !
Entendez !
Voyez
!
La vie sort de la pierre, elle embrasse
les folies !
Ses mains de papier crient des éclairs de lumières
brutales
Et des cendres dans sa voix rendent amère la couleur
de sa flamme.
Pourtant, pourtant, pourtant
Le défi est vivant !
La provoque est osée
Le courage menaçant
La vie campée
Elle encaisse
Elle tient bon.
Obstination !
Mort qui tue, avec ma vie
je te regarde !
Ma vie qui veut pousser,
Ma vie qui saura bien quoi faire,
Mais si fière dêtre ce grain de vie!
Ma vie fille de la vie
qui fait de moi ce que Je suis !
Ma vie qui veut comprendre aux
confins des folies prenant la Terre au ventre,
Ce quest la vie plus haut
que toutes les peurs du monde,
Ma vie qui veut des mots pour
dire la vie plus loin que la
déchirure des tombes !
Ma vie qui veut Comprendre !
Dire NON ! Dabord dire NON !
La vie nest pas ce peu,
La vie nest pas ce manque,
La vie nest pas ce creux,
La vie nest pas ce cri
qui mange la poussière !
Résister !
Mort ! Regarde-moi bien au fond des yeux et vois que ta faiblesse,
cest ma vie !
Je suis
Je suis
Je suis ce brin de vie qui perce,
Je veux bâtir avec mon souffle, avec ma voix, avec ma
chair qui danse,
Je veux bâtir avec des mots enfin domptés, une
histoire sur un fil !
Une histoire qui ne tombera plus aux mains des cris aveugles
!
Mon histoire !
un jour sauvée des mots sauvages,
sauvée de linutile, sauvée de la terreur
du vide qui creuse des comas derrière la vitre des
illusions clinquantes.
« Pourquoi les Noirs y sont pas
blancs et les Blancs y sont pas noirs, et pourquoi le rouge
il est pas jaune ? »
La vivante innocence regarde les étoiles
et, la lumière bue, revient confondre lintelligence.
VIE VIE VIE...
VIE VIE VIE... VIE VIE
VIE... VIE VIE VIE...
VIE VIE VIE...
Aide-nous à devenir vivants
!
Dis-nous ce quil ne faut plus faire
avec ces mains aveugles
Bien à toi,
Elsée
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