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Mais qui est Jeanne Juliette ?
11h20. Carpentras. Vaucluse.
Il pleut des cordes. Jeanne Juliette naît sur la banquette arrière d’une voiture.
Maman chante, papa compose, grand frère joue du piano… un cocon plein de musiques et de mots…
Jeanne Juliette grandit, pousse sur ses pointes, passe son temps dans les cours de danse…
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Quatorze ans…rencontre avec le théâtre…les cours de Catherine Derain en Avignon, une place à ses côtés, dans sa compagnie…elle est Adela dans « La maison de Bernarda Alba » de F.Garcia Lorca, la « Gigi » de Colette, l’Henriette des « Femmes savantes » de Molière…
La scène…la scène…notamment aux côtés de Jean Franval ; elle joue « Fanny » de Marcel Pagnol ou l’Innocent dans « L’Arlésienne » de Daudet….
Des escapades au Festival d’Avignon pour une pièce de Thomas Bernard, ou une pièce écrite par son père sur Duras et Curie. L’immersion dans le monde de Duras, grave, profond, un monde de réflexion, est un tournant, quelque chose d’important, comme la rose pour son « Petit Prince », comme l’amitié qu’il faut apprivoiser.
Dans les moments d’attente…tournées…répétitions…rencontre avec les mots…l’émerveillement de l’écriture…Une telle distance entre l’interprétation qu’elle connaît et la création qu’elle découvre…
« Quand j’écris, je ne vais pas chercher la matière de ma création au même endroit, ni de la même manière que quand je joue ou danse…ce n’est pas la même émotion qui surgit, pas la même énergie…L’écriture je ne l’attendais pas…peut-être était-ce elle qui s’attendait à moi…je lui ai dit oui…les mots me font et me défont et me refont, pour devenir au fil du temps, ce que j’ai toujours été et qui sera toujours…lentement, lentement, lentement, au fil des mots… » (Jeanne Juliette)
« Avoir toujours été celle que je suis, et être si différente de celle que j’étais… » (Samuel Beckett)
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